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	<title>Festival du film lycéen de Paris</title>
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	<description>organisé par le C L A P  -  Cinéma Lycéen A Paris</description>
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		<title>Mia Hansen-Love</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Jul 2009 07:10:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[
L&#8217;état de grâce
interview de Mia Hansen-Love
Dans &#8216;Le Père de mes enfants&#8217;, Mia Hansen-Love filme le parcours d&#8217;un producteur de cinéma français, avant et après sa disparition. Et questionne dans un mélange de gravité et d&#8217;apaisement, à travers lui, les notions d&#8217;engagement, d&#8217;amour et de transmission. Solaire.







En deux longs métrages, la réalisatrice de &#8216;Tout est pardonné&#8216; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="padding: 5px 0pt 15px;">
<h1 style="color: #d20000; font-weight: bold;">L&#8217;état de grâce</h1>
<h1 style="color: #d20000; font-weight: bold;">interview de Mia Hansen-Love</h1>
<p>Dans &#8216;Le Père de mes enfants&#8217;, Mia Hansen-Love filme le parcours d&#8217;un producteur de cinéma français, avant et après sa disparition. Et questionne dans un mélange de gravité et d&#8217;apaisement, à travers lui, les notions d&#8217;engagement, d&#8217;amour et de transmission. Solaire.</p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="left">
<tbody>
<tr>
<td><img src="http://image.evene.fr/img/article/g2427.jpg" border="0" alt="" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>En deux longs métrages, la réalisatrice de &#8216;<a href="http://www.evene.fr/cinema/films/tout-est-pardonne-8975.php" target="_blank">Tout est pardonné</a>&#8216; (2006) aura su instaurer un climat propice à saisir un état des choses, entre présence et absence, douceur et violence. Le monde de <a href="http://www.evene.fr/celebre/biographie/mia-hansen-love-32256.php" target="_blank">Mia Hansen-Love</a>, d&#8217;abord ouvert à un protagoniste qui allait et venait fragilement au sein de sa cellule familiale, élargit aujourd&#8217;hui son champ d&#8217;action. Inspiré du producteur <a href="http://www.evene.fr/celebre/biographie/humbert-balsan-17856.php" target="_blank">Humbert Balsan</a> qui se suicida en 2005, &#8216;<a href="http://www.evene.fr/cinema/films/le-pere-de-mes-enfants-25630.php" target="_blank">Le Père de mes enfants</a>&#8216;, au titre pourtant tutélaire, avance dans un double mouvement : du collectif (le cinéma, son industrie et ses rouages précaires) à l&#8217;individuel (le producteur, seul face au désarroi), puis du familial (avant et après le deuil) au monde retrouvé (l&#8217;adolescence et ses promesses). Cette dialectique de l&#8217;ombre et de la lumière, de la joie et des larmes traverse l&#8217;univers de la jeune cinéaste dont l&#8217;équilibre jamais ne vacille. La précision et la délicatesse de son regard en sont les murs porteurs.</p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center">
<tbody>
<tr>
<td><img src="http://image.evene.fr/img/base/fleche_rouge.gif" border="0" alt="" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong>Comme &#8216;Tout est pardonné&#8217;, &#8216;Le Père de mes enfants&#8217; est construit sur un cheminement. Avez-vous pensé votre second long métrage comme le prolongement de votre premier ? </strong></p>
<p>Oui, pour moi ce sont deux films totalement complémentaires. C&#8217;est presque un même film en deux parties, recto verso, champ contrechamp. <strong>Chacun repose sur le passage du temps.</strong> Il y est question d&#8217;une transformation, d&#8217;un recommencement, d&#8217;une renaissance. La notion de cheminement m&#8217;est chère, jusqu&#8217;au mot même que j&#8217;aime bien. Lorsque j&#8217;écris, j&#8217;ai une ligne abstraite dans la tête qui correspond au parcours intérieur de mes personnages : celui du producteur dans la première partie du &#8216;Père de mes enfants&#8217;, celui de sa fille dans la seconde moitié du film. Ce sont des lignes en pointillés, quasi invisibles et pourtant très présentes.</p>
<p><strong>Vos deux films se ressemblent autant qu&#8217;ils s&#8217;opposent. Vous employez vous-même le terme &laquo;&nbsp;recto verso&raquo;&nbsp;…</strong></p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="right">
<tbody>
<tr>
<td><img src="http://image.evene.fr/img/article/2427_perefille.jpg" border="0" alt="" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Mes deux films se rejoignent par ce qu&#8217;ils évoquent : les rapports père-fille, le passage du temps, la disparition d&#8217;un être qui engendre une prise de relais… Ce qui les oppose, c&#8217;est le fait que, contrairement à celui-ci, <strong>mon premier film comprenait assez peu de personnages, les décors y étaient presque vides, il y avait quelque chose d&#8217;atemporel</strong>, comme un rejet des signaux de modernité &#8211; on n&#8217;y voyait aucun téléphone portable, par exemple. A cet égard, &#8216;Le Père de mes enfants&#8217; est une façon aussi de dire que je crois au monde d&#8217;aujourd&#8217;hui. Ce monde est simplement traversé d&#8217;une mélancolie beaucoup plus secrète.</p>
<p><strong>Les contraires y cohabitent, comme c&#8217;était déjà le cas dans votre premier film. L&#8217;équilibre de vos films n&#8217;est-il pas ainsi fait ? </strong></p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="left">
<tbody>
<tr>
<td><img src="http://image.evene.fr/img/article/2427_lepere.jpg" border="0" alt="" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Lorsque j&#8217;ai écrit &#8216;Tout est pardonné&#8217;, la première personne qui l&#8217;a lu c&#8217;est Humbert Balsan. Je trouvais son rayonnement lumineux, aux antipodes de la mélancolie qui me hantait. Il dégageait quelque chose de très libérateur, il représentait pour moi la vie, l&#8217;épanouissement artistique. Tout l&#8217;inverse du personnage de mon premier film qui était un artiste sans art, un homme qui s&#8217;excluait du monde où il ne trouvait pas sa place. Et sa mort m&#8217;a comme envoyé un message me disant qu&#8217;il était peut-être plus proche de moi que cela. D&#8217;où le fait qu&#8217;il ait été si sensible à mon projet et que je me sois sentie si proche de lui. <strong>Dans mes deux films, on trouve cette idée de contraires qui se rejoignent.</strong> Par exemple, dans &#8216;Tout est pardonné&#8217;, Vienne est montrée vide, à l&#8217;aube, comme une ville fantôme, un espace presque imaginaire, tandis que dans &#8216;Le Père de mes enfants&#8217;, le quartier des banques à Paris, celui de l&#8217;Opéra qui est très agité, sont très présents avant que je ne me dirige vers quelque chose de plus essentiel.</p>
<p><strong>Est-ce en ce sens qu&#8217;Humbert Balsan a inspiré &#8216;Le Père de mes enfants&#8217; ?</strong></p>
<p>Il en a été le déclencheur. <strong>Ma rencontre avec lui, puis sa mort ont réveillé beaucoup de choses en moi.</strong> Pourtant cette histoire fait appel à un univers qui, <em>a priori</em>, m&#8217;est très éloigné : les rapports entre producteurs, financiers et avocats… Mais le rayonnement d&#8217;Humbert Balsan m&#8217;a permis, en partant du contexte du cinéma, de traiter de thèmes très personnels, de reparler de transmission et d&#8217;héritage spirituel, d&#8217;être fidèle à mes préoccupations tout en élargissant mon champ de vision. J&#8217;ai trouvé ce cheminement très stimulant.<span> Lire la suite de <a href="http://www.evene.fr/cinema/actualite/mia-hansen-love-pere-mes-enfants-2427.php?p=2">L&#8217;état de grâce</a> »</span></p>
<p><strong>S&#8217;ouvrir au monde implique chez vous un regard d&#8217;une grande précision. Comme pour les séquences autour de la drogue dans &#8216;Tout est pardonné&#8217;, celles qui traitent de la production dans ce film-ci contiennent une part très réaliste et documentée. Sans qu&#8217;elles ne soient jamais très éloignées de la rêverie. De la même manière violence et douceur cohabitent dans votre cinéma…</strong></p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="left">
<tbody>
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<td><img src="http://image.evene.fr/img/article/2427_reveriebis.jpg" border="0" alt="" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p>Mon inspiration me porte vers cela. <strong>Je sens lorsque j&#8217;écris que ma musique interne est dialectique.</strong> Je suis toujours entre chaud et froid. Je ne pourrais pas tenir une même note. D&#8217;où le fait que je pense que j&#8217;aurais du mal à écrire un film dont l&#8217;action se tiendrait en peu de temps. Ce qui m&#8217;inspire, me stimule et donne le rythme de mes films, c&#8217;est le contraste.</p>
<p><strong>La clarté de votre photographie et le caractère solaire de votre lumière ne sont-ils pas pour beaucoup dans cet équilibre des contraires ?</strong></p>
<p>Mes films ne sont pas spécialement éclairés, aucune couleur n&#8217;est poussée numériquement et il y a même des scènes de nuit. Mais ce qui manifestement irradie, ce sont des moments saillants : ces séquences à Vienne dans &#8216;Tout est pardonné&#8217;, à la campagne ou en Italie ici. <strong>Cela tient aussi au fait que je tourne toujours l&#8217;été et ce sera pareil pour mon troisième film.</strong> Je ne me vois pas faire de film en hiver.</p>
<p><strong>Pourquoi ?</strong></p>
<p>Parce que le cinéma pour moi a tellement affaire à l&#8217;enfance, à la quête de lumière et de liberté. C&#8217;est très personnel. <strong>Si je fais du cinéma, c&#8217;est pour trouver la lumière, pour être heureuse</strong>, pour passer du temps avec les enfants. Le cinéma n&#8217;est pas juste une quête spirituelle et artistique, c&#8217;est aussi un art de vivre, un choix de vie. J&#8217;aime avoir chaud avec plein de gens autour de moi ! C&#8217;est pourquoi j&#8217;écris des scènes dans la forêt, au bord de l&#8217;eau, en Toscane, car j&#8217;ai envie d&#8217;y être avec mon équipe, avec mes acteurs. Il y a là-dedans quelque chose de très primaire mais qui a vraiment à voir avec la quête de lumière à l&#8217;origine de ma vocation. Cela ne signifie pas que je cherche cela chez les autres cinéastes, ni que c&#8217;est le but de l&#8217;art en général, mais chacun fait des films pour répondre à des besoins personnels. Il y a quelque chose de cathartique qui se situe là.</p>
<p><strong>Votre mélancolie dont vous parliez précédemment a-t-elle à voir avec cette question de l&#8217;enfance ?</strong></p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="right">
<tbody>
<tr>
<td><img src="http://image.evene.fr/img/article/2427_enfance.jpg" border="0" alt="" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><strong>Je pense que je fais partie des cinéastes &#8211; et ils sont nombreux &#8211; qui ont une forte nostalgie de l&#8217;enfance.</strong> Il y a quelque chose sans doute d&#8217;un peu idéalisé là-dedans, mais je ne suis pas fétichiste ! Je ne suis pas dans une recherche de mon propre passé, car je n&#8217;en ai pas une mémoire à ce point précise. L&#8217;enfance est quelque chose qui me touche beaucoup dans le cinéma de Truffaut, par exemple. Je trouve que c&#8217;est un cinéma du côté de la pensée, qui est très mûr et très candide à la fois, et c&#8217;est le mélange des deux qui est très émouvant. Dans mon premier film, j&#8217;ai pris tellement de plaisir à filmer des enfants que j&#8217;ai écrit plusieurs scènes pour eux dans le second. Il y a dans ce dispositif de tournage quelque chose d&#8217;extrêmement épanouissant, de très libérateur pour moi, sans que je puisse dire vraiment à quoi cela tient.</p>
<p><strong>N&#8217;est-ce pas une volonté de retrouver un état de grâce via le cinéma ?</strong></p>
<p>Je crois que ça a rapport avec cela, en effet. Il y a des films avec des enfants qui provoquent l&#8217;effet inverse pour moi, car ils sont pris en otage par le scénario et les dialogues. Il est rare que je sois séduite par les enfants dans les films. Mais <strong>il y a certains dispositifs qui leur permettent d&#8217;être eux-mêmes et lorsqu&#8217;on arrive à saisir une forme d&#8217;intériorité de l&#8217;enfance, une forme d&#8217;innocence</strong>, c&#8217;est là qu&#8217;on a le sentiment d&#8217;être en contact avec la grâce dont vous parlez. Il n&#8217;y a pas de plus grande satisfaction du point de vue artistique que d&#8217;arriver à saisir cela, je trouve. C&#8217;est quelque chose que j&#8217;ai ressenti fortement lorsque j&#8217;ai tourné la séquence où les filles se rendent dans le bureau de leur père, après son décès et avant la liquidation de sa société. Elles découvraient le décor, comme les personnages voyaient le bureau de leur père pour la première fois. J&#8217;ai essayé de tourner de longs plans séquences semi-improvisés où je leur donnais de la matière et des repères tout en leur préservant un espace de liberté. Est arrivé un moment où l&#8217;une d&#8217;elles a compris comment profiter de cette liberté : à cet instant, elle a pris le pouvoir de la scène et s&#8217;est mise à jouer pleinement. Il a fallu la brider, bien sûr, mais ces instants-là me sont très précieux.</p>
<table border="0" cellspacing="0" cellpadding="0" align="center">
<tbody>
<tr>
<td><img src="http://image.evene.fr/img/base/fleche_rouge.gif" border="0" alt="" /></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p><em>Propos recueillis par Anne-Claire Cieutat pour Evene.fr &#8211; Décembre 2009</em></p>
<h1 style="color: #d20000; font-weight: bold;">&laquo;&nbsp;Tout est pardonné&raquo;&nbsp; : rencontre avec Mia Hansen-Love</h1>
</div>
<table style="border: 0pt none; width: 100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td style="vertical-align: top; padding-bottom: 20px;">
<div style="padding: 5px 0pt;">
<h4 style="color: #666666;">Interviews &#8211; Lundi 28 Avril 2008</h4>
</div>
<div style="padding: 5px 0pt;">
<h4 style="font-weight: bold;">A l&#8217;occasion de la sortie en DVD de &laquo;&nbsp;Tout est pardonné&raquo;&nbsp;, l&#8217;un des premiers films les plus prometteurs de l&#8217;année 2007 (nommé au César et distingué par le Delluc du premier film), rencontre avec la réalisatrice Mia Hansen-Love.</h4>
</div>
</td>
<td style="padding: 5px 5px 20px 10px; vertical-align: top; width: 130px; text-align: right;"><img src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/66/45/52/18934028.jpg" border="0" alt="" /></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify;" colspan="2">
<h4><em><strong><span style="color: #d20000;">AlloCiné : Parlez-nous de la genèse de la production du film. Comment vous êtes-vous par exemple retrouvée à Emergence ?</span></strong></em><br />
<strong><a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=101751.html">Mia Hansen-Love</a></strong> : <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=2348.html">Elisabeth Depardieu</a>, qui s&#8217;occupe d&#8217;Emergence, avait vu mon premier court-métrage dans un festival. Elle m&#8217;a contactée et m&#8217;a proposé de déposer ma candidature. A vrai dire, au début, je n&#8217;étais pas <img style="margin: 5px 10px 5px 0pt;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/63/82/69/18802307.jpg" border="0" alt="" align="left" />sûre que ce soit une bonne idée, je craignais qu&#8217;Emergence freine la réalisation, j&#8217;hésitais parce que je voulais aller vite. Puis mon producteur <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=1936.html">Humbert Balsan</a> est décédé. Du coup, Emergence a représenté une vraie chance pour faire avancer le projet.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Combien de temps avez-vous travaillé avec Humbert Balsan ?</span></strong></em><br />
Pendant un an. Je l&#8217;ai rencontré début 2004. Mon scénario était en train de repasser à l&#8217;avance quand il est mort. J&#8217;étais avec Humbert quand j&#8217;ai eu la fondation GAN (nous avons dû passer un oral ensemble, je me souviens que cette idée l&#8217;avait rendu très nerveux !), et puis c&#8217;était aussi lui mon producteur quand j&#8217;ai lu le scénario à Angers, avec <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=2608.html">François Cluzet</a>. A ma surprise, cet exercice de lecture m&#8217;a beaucoup plu, c&#8217;était en fait très utile. Ca m&#8217;a donné un nouveau regard sur le scénario, ça m&#8217;a incitée à le retravailler, en accélérant certains moments, surtout les didascalies, pour le rendre plus vivant. Mais de toute façon, j&#8217;ai tout le temps relu le scénario dans cette optique, y compris pendant le tournage.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Le scénario a-t-il beaucoup changé entre l&#8217;écriture et le tournage ?</span></strong></em><br />
Pas sur le fond, la structure n&#8217;a pas bougé, les scènes sont à peu près restées les mêmes, mais les dialogues ont un peu évolué. Le principal changement est la part donnée aux enfants, beaucoup plus essentielle que ce qui était initialement prévu. J&#8217;ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec eux, du coup je suis arrivée à des moments qui n&#8217;existaient pas dans le scénario, comme ce plan fixe où Pamela, face à nous, mange ses Chocapic en regardant successivement ses deux parents qui essaient de se parler, de chaque côté de la table. <img style="margin: 5px 0pt 5px 10px;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/63/82/69/18934026.jpg" border="0" alt="" align="right" /> Plusieurs choses de ce genre sont venues sur le tournage, à partir d&#8217;un scénario qui devait toujours rester &laquo;&nbsp;disponible&raquo;&nbsp; par rapport au présent du tournage.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Un des plaisirs que procure le film vient de la découverte de nouveaux visages. Etait-ce difficile d&#8217;imposer des comédiens peu ou pas connus ?</span></strong></em><br />
Non, car mon producteur, <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=45900.html">David Thion</a> (qui m&#8217;a contactée peu de temps après la mort d&#8217;Humbert), m&#8217;a laissé une totale liberté de choix. Une des choses qui fait du mal au cinéma français, pour moi, c&#8217;est qu&#8217;on y retrouve trop les mêmes visages, les mêmes acteurs d&#8217;un film à l&#8217;autre. Le choix des interprètes est souvent conventionnel, il y a peu d&#8217;innovation&#8230; Mais c&#8217;est aussi une question de caractère : le désir du cinéma est pour moi indissociable du désir de filmer des gens qui n&#8217;ont pas (encore) été beaucoup vus, ou pas vus du tout. J&#8217;éprouve le désir de chercher des gens qui d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre sont un peu dans l&#8217;ombre et de les mettre dans la lumière. C&#8217;est aussi le besoin de repartir à zéro, en trouvant des acteurs qui ont une forme de virginité cinématographique.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Comment as-tu travaillé le style photographique du film ?</span></strong></em><br />
Le chef-opérateur <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=126784.html">Pascal Auffray</a>, avait éclairé mes quatre courts- métrages. On se connaît donc très bien, c&#8217;est facile de se comprendre. On savait qu&#8217;on allait vers une lumière fine, naturelle, assez douce. On voulait quelque chose d&#8217;assez subtil, c&#8217;est-à-dire que ce ne soit ni trop cru ni trop sophistiqué. On a aussi essayé, tout en gardant un style homogène, de varier la lumière en fonction du découpage du récit en grands chapitres. <img style="margin: 5px 10px 5px 0pt;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/63/82/69/18934024.jpg" border="0" alt="" align="left" /> L&#8217;ambiance à Vienne n&#8217;est pas la même qu&#8217;ensuite à Paris, et si la troisième partie est solaire, elle ne l&#8217;est pas de la même façon que la première (on a par exemple utilisé une autre pellicule pour la partie en Corrèze).</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Pourquoi Vienne ?</span></strong></em><br />
Ce choix vient de mes origines autrichiennes&#8230; Quand on fait un premier film, il y a un petit côté &laquo;&nbsp;quête des origines&raquo;&nbsp;&#8230; J&#8217;avais envie de tourner en partie le film en allemand, avec des acteurs autrichiens, de rencontrer des coproducteurs autrichiens, etc. Cela voulait dire à la fois retrouver mes racines et aller vers l&#8217;inconnu, ce qui me plaisait.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">L&#8217;idée du naturel rejoint la préoccupation de certains metteurs en scène dont tu cites parfois le travail, comme Rohmer, Bresson ou Doillon. </span></strong></em><br />
Peut-être. Mais il y a souvent un malentendu là-dessus. Pour moi, aimer et chercher le &laquo;&nbsp;naturel&raquo;&nbsp; ne veut pas dire être &laquo;&nbsp;naturaliste&raquo;&nbsp;. Ce n&#8217;est pas imiter la vie dans ce qu&#8217;elle peut avoir de quotidien, ce n&#8217;est pas reproduire la banalité de la vie. Au contraire. Le cinéma que j&#8217;aime le plus me donne un sentiment de justesse, de vérité, dans la représentation du monde, tout en délivrant quelque chose d&#8217;essentiel. Le regard de ces cinéastes, c&#8217;est un regard vibrant sur le monde réel, sur les relations entre les êtres humains, qui nous révèle aussi la présence de l&#8217;invisible. Cela tient au jeu des acteurs, à la mise en scène, mais aussi à la densité de l&#8217;écriture&#8230; Les films qui me touchent le plus donnent un sentiment de clarté de regard, et, comme dans la peinture, c&#8217;est cette clarté même qui me donne accès à ce qu&#8217;il y a d&#8217;infini. En tout cas, le réalisme ne m&#8217;intéresse pas sans un rapport à l&#8217;invisible, aussi secret soit-il. Cette question est à mon sens celle de la fiction&#8230;</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Ayant une expérience de comédienne, comment as-tu abordé la direction d&#8217;acteurs ?</span></strong></em><br />
Je n&#8217;avais pas vraiment de méthode prédéfinie. Mais je ne voulais pas répéter les scènes, comme pour une pièce de théâtre. En revanche, nous avons fait beaucoup de lectures, pour trouver la note juste. C&#8217;était avant tout pour que les acteurs aient en tête la même musique que moi. Cela me permettait aussi de remodeler les dialogues au fur et à mesure du travail avec les comédiens, de façon à ce que ce soit toujours évident pour eux. C&#8217;est parfois une toute petite correction qui fait la différence. Le fait d&#8217;être en accord avec le texte, que tout soit limpide, nous a permis d&#8217;être d&#8217;autant plus libres au tournage. Les dialogues étaient rigoureux, mais les acteurs pouvaient souvent improviser, à l&#8217;intérieur de ce cadre. Sinon, j&#8217;essayais dans certaines séquences de laisser du temps aux comédiens. <img style="margin: 5px 0pt 5px 10px;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/63/82/69/18934023.jpg" border="0" alt="" align="right" />A certains endroits précis, le fait de pouvoir se dire qu&#8217;on avait le temps, c&#8217;était essentiel. Par exemple, la scène de séparation à l&#8217;hôpital, a priori difficile, on l&#8217;a tournée en plan séquence pour ne pas morceler l&#8217;émotion, et j&#8217;ai dit à <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=179662.html">Marie-Christine (Friedrich)</a> de prendre tout son temps pendant la prise, pour répondre à  <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=4838.html">Paul (Blain)</a> quand il lui demande &raquo;&nbsp; Est-ce que tu peux me pardonner ?&raquo;&nbsp;. Ca l&#8217;a surprise, et je crois que le fait d&#8217;avoir cette liberté l&#8217;a aidée pour la scène.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Il y a souvent deux pièges dans l&#8217;utilisation de la musique : être redondant par rapport à ce qui est filmé, ou alors le cas du réalisateur qui propose un peu le juke-box de ce qu&#8217;il aime&#8230; Tandis qu&#8217;ici, la musique apporte quelque chose de singulier.</span></strong></em><br />
Je vais beaucoup au cinéma et très souvent je suis gênée par la musique, y compris dans des films que j&#8217;aime. Elle sert souvent à souligner les intentions de la réalisation. Je n&#8217;aimerais pas montrer mes images à un compositeur, qui ferait ensuite des morceaux à partir de celles-ci. Pour moi, la musique ne doit pas être un commentaire. Le choix des chansons écossaises, irlandaises, sert à ouvrir des portes, et non à refermer le film sur lui-même. Par ailleurs, ce sont des chansons que j&#8217;associe au personnage, elles lui donnent une nouvelle couleur.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Est-ce qu&#8217;il y a des cinéastes français de ta génération dont tu te sens proche ?</span></strong></em><br />
Récemment, j&#8217;ai beaucoup aimé <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=110153.html"><strong>Charly</strong></a> d&#8217;<a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=30288.html">Isild Le Besco</a>. C&#8217;est un film singulier, qui a une vraie poésie et une vraie force, et puis c&#8217;est un film très libre, à tous points de vue, ce qui est rare. J&#8217;ai beaucoup aimé <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=120713.html"><strong>La France</strong></a> aussi, pour des raisons similaires même si le film n&#8217;a rien à voir. Sinon, certains amis, dont je me sens très proche aussi dans leur rapport au cinéma, commencent à faire des films et j&#8217;en attends beaucoup : Elie Wajeman et <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=86638.html">Ludovic Bergery</a>, qui ont écrit leur premier long-métrage, <img style="margin: 5px 10px 5px 0pt;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/63/82/69/18934025.jpg" border="0" alt="" align="left" />et vont sûrement le tourner l&#8217;année prochaine, <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=203766.html">Virgil Vernier</a>, qui tourne des documentaires très intéressants sur les gens de sa génération, et qui aimerait aussi écrire un film de fiction, Adrien Lamande, un metteur en scène de théâtre quiréalise aussi des films&#8230; Tous ont des parcours différents mais sont liés. Ca me paraît très prometteur, j&#8217;espère vraiment qu&#8217;on pourra dire qu&#8217;il y a une nouvelle génération de jeunes cinéastes français ! Sinon, contrairement à beaucoup qui ne jurent que par le cinéma américain (qui compte aussi beaucoup pour moi), je n&#8217;ai pas de problème avec le cinéma français, j&#8217;admire énormément de nombreux cinéastes français d&#8217;une autre génération, comme <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=849.html">Rohmer</a>, <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=2620.html">Doillon</a>, <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=1001.html">Téchiné</a> ou <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=2066.html">Garrel</a> Je ne prétends pas du tout être l&#8217;héritière de l&#8217;un ou de l&#8217;autre, simplement je suis très heureuse de vivre dans le même pays qu&#8217;eux et de pouvoir attendre leur nouveau film !</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Pour ton second film, n&#8217;y aura-t-il pas la tentation de voir plus grand, et de prendre moins de risques aussi ?</span></strong></em><br />
Pour mon second long-métrage <em>[<a class="link1" href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=135027.html"><strong>Le Père de mes enfants</strong></a>, dont le tournage est prévu cet été, ndlr]</em>, je veux rester dans la même recherche, le film est un peu plus cher, mais on va rester dans une économie tout à fait modeste ! Non, je ne crois pas que je vais m&#8217;installer dans quelque chose de confortable, d&#8217;ailleurs cela ne m&#8217;attire pas. On avait un peu plus d&#8217;1 million pour faire <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=110869.html"><strong>Tout est pardonné</strong></a>. Pour le prochain, il en faudrait 2, surtout pour pouvoir le tourner en 35mm, pas en 16mm comme celui-ci, qui est devenu un format vraiment fragile, presque désuet maintenant (ça m&#8217;a coûté 4 mois de restauration !). Le film sera un peu plus long, avec un peu plus de décors, mais il sera fait dans le même esprit que le premier.</p>
<p><em>Propos recueillis le 27 novembre 2007 par Mikael Gaudin Lech et Julien Dokhan<br />
Remerciements à Florence / Stardust Memories</em></h4>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
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		<title>qui est Mia Hansen-Love ?</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Jul 2009 07:04:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[
&#171;&#160;Tout est pardonné&#187;&#160; : rencontre avec Mia Hansen-Love






Interviews &#8211; Lundi 28 Avril 2008


A l&#8217;occasion de la sortie en DVD de &#171;&#160;Tout est pardonné&#187;&#160;, l&#8217;un des premiers films les plus prometteurs de l&#8217;année 2007 (nommé au César et distingué par le Delluc du premier film), rencontre avec la réalisatrice Mia Hansen-Love.






AlloCiné : Parlez-nous de la genèse [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="padding: 5px 0pt 15px;">
<h1 style="color: #d20000; font-weight: bold;">&laquo;&nbsp;Tout est pardonné&raquo;&nbsp; : rencontre avec Mia Hansen-Love</h1>
</div>
<table style="border: 0pt none; width: 100%;" border="0" cellspacing="0" cellpadding="0">
<tbody>
<tr>
<td style="vertical-align: top; padding-bottom: 20px;">
<div style="padding: 5px 0pt;">
<h4 style="color: #666666;">Interviews &#8211; Lundi 28 Avril 2008</h4>
</div>
<div style="padding: 5px 0pt;">
<h4 style="font-weight: bold;">A l&#8217;occasion de la sortie en DVD de &laquo;&nbsp;Tout est pardonné&raquo;&nbsp;, l&#8217;un des premiers films les plus prometteurs de l&#8217;année 2007 (nommé au César et distingué par le Delluc du premier film), rencontre avec la réalisatrice Mia Hansen-Love.</h4>
</div>
</td>
<td style="padding: 5px 5px 20px 10px; vertical-align: top; width: 130px; text-align: right;"><img src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/66/45/52/18934028.jpg" border="0" alt="" /></td>
</tr>
<tr>
<td style="text-align: justify;" colspan="2">
<h4><em><strong><span style="color: #d20000;">AlloCiné : Parlez-nous de la genèse de la production du film. Comment vous êtes-vous par exemple retrouvée à Emergence ?</span></strong></em><br />
<strong><a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=101751.html">Mia Hansen-Love</a></strong> : <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=2348.html">Elisabeth Depardieu</a>, qui s&#8217;occupe d&#8217;Emergence, avait vu mon premier court-métrage dans un festival. Elle m&#8217;a contactée et m&#8217;a proposé de déposer ma candidature. A vrai dire, au début, je n&#8217;étais pas <img style="margin: 5px 10px 5px 0pt;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/63/82/69/18802307.jpg" border="0" alt="" align="left" />sûre que ce soit une bonne idée, je craignais qu&#8217;Emergence freine la réalisation, j&#8217;hésitais parce que je voulais aller vite. Puis mon producteur <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=1936.html">Humbert Balsan</a> est décédé. Du coup, Emergence a représenté une vraie chance pour faire avancer le projet.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Combien de temps avez-vous travaillé avec Humbert Balsan ?</span></strong></em><br />
Pendant un an. Je l&#8217;ai rencontré début 2004. Mon scénario était en train de repasser à l&#8217;avance quand il est mort. J&#8217;étais avec Humbert quand j&#8217;ai eu la fondation GAN (nous avons dû passer un oral ensemble, je me souviens que cette idée l&#8217;avait rendu très nerveux !), et puis c&#8217;était aussi lui mon producteur quand j&#8217;ai lu le scénario à Angers, avec <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=2608.html">François Cluzet</a>. A ma surprise, cet exercice de lecture m&#8217;a beaucoup plu, c&#8217;était en fait très utile. Ca m&#8217;a donné un nouveau regard sur le scénario, ça m&#8217;a incitée à le retravailler, en accélérant certains moments, surtout les didascalies, pour le rendre plus vivant. Mais de toute façon, j&#8217;ai tout le temps relu le scénario dans cette optique, y compris pendant le tournage.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Le scénario a-t-il beaucoup changé entre l&#8217;écriture et le tournage ?</span></strong></em><br />
Pas sur le fond, la structure n&#8217;a pas bougé, les scènes sont à peu près restées les mêmes, mais les dialogues ont un peu évolué. Le principal changement est la part donnée aux enfants, beaucoup plus essentielle que ce qui était initialement prévu. J&#8217;ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec eux, du coup je suis arrivée à des moments qui n&#8217;existaient pas dans le scénario, comme ce plan fixe où Pamela, face à nous, mange ses Chocapic en regardant successivement ses deux parents qui essaient de se parler, de chaque côté de la table. <img style="margin: 5px 0pt 5px 10px;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/63/82/69/18934026.jpg" border="0" alt="" align="right" /> Plusieurs choses de ce genre sont venues sur le tournage, à partir d&#8217;un scénario qui devait toujours rester &laquo;&nbsp;disponible&raquo;&nbsp; par rapport au présent du tournage.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Un des plaisirs que procure le film vient de la découverte de nouveaux visages. Etait-ce difficile d&#8217;imposer des comédiens peu ou pas connus ?</span></strong></em><br />
Non, car mon producteur, <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=45900.html">David Thion</a> (qui m&#8217;a contactée peu de temps après la mort d&#8217;Humbert), m&#8217;a laissé une totale liberté de choix. Une des choses qui fait du mal au cinéma français, pour moi, c&#8217;est qu&#8217;on y retrouve trop les mêmes visages, les mêmes acteurs d&#8217;un film à l&#8217;autre. Le choix des interprètes est souvent conventionnel, il y a peu d&#8217;innovation&#8230; Mais c&#8217;est aussi une question de caractère : le désir du cinéma est pour moi indissociable du désir de filmer des gens qui n&#8217;ont pas (encore) été beaucoup vus, ou pas vus du tout. J&#8217;éprouve le désir de chercher des gens qui d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre sont un peu dans l&#8217;ombre et de les mettre dans la lumière. C&#8217;est aussi le besoin de repartir à zéro, en trouvant des acteurs qui ont une forme de virginité cinématographique.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Comment as-tu travaillé le style photographique du film ?</span></strong></em><br />
Le chef-opérateur <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=126784.html">Pascal Auffray</a>, avait éclairé mes quatre courts- métrages. On se connaît donc très bien, c&#8217;est facile de se comprendre. On savait qu&#8217;on allait vers une lumière fine, naturelle, assez douce. On voulait quelque chose d&#8217;assez subtil, c&#8217;est-à-dire que ce ne soit ni trop cru ni trop sophistiqué. On a aussi essayé, tout en gardant un style homogène, de varier la lumière en fonction du découpage du récit en grands chapitres. <img style="margin: 5px 10px 5px 0pt;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/63/82/69/18934024.jpg" border="0" alt="" align="left" /> L&#8217;ambiance à Vienne n&#8217;est pas la même qu&#8217;ensuite à Paris, et si la troisième partie est solaire, elle ne l&#8217;est pas de la même façon que la première (on a par exemple utilisé une autre pellicule pour la partie en Corrèze).</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Pourquoi Vienne ?</span></strong></em><br />
Ce choix vient de mes origines autrichiennes&#8230; Quand on fait un premier film, il y a un petit côté &laquo;&nbsp;quête des origines&raquo;&nbsp;&#8230; J&#8217;avais envie de tourner en partie le film en allemand, avec des acteurs autrichiens, de rencontrer des coproducteurs autrichiens, etc. Cela voulait dire à la fois retrouver mes racines et aller vers l&#8217;inconnu, ce qui me plaisait.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">L&#8217;idée du naturel rejoint la préoccupation de certains metteurs en scène dont tu cites parfois le travail, comme Rohmer, Bresson ou Doillon. </span></strong></em><br />
Peut-être. Mais il y a souvent un malentendu là-dessus. Pour moi, aimer et chercher le &laquo;&nbsp;naturel&raquo;&nbsp; ne veut pas dire être &laquo;&nbsp;naturaliste&raquo;&nbsp;. Ce n&#8217;est pas imiter la vie dans ce qu&#8217;elle peut avoir de quotidien, ce n&#8217;est pas reproduire la banalité de la vie. Au contraire. Le cinéma que j&#8217;aime le plus me donne un sentiment de justesse, de vérité, dans la représentation du monde, tout en délivrant quelque chose d&#8217;essentiel. Le regard de ces cinéastes, c&#8217;est un regard vibrant sur le monde réel, sur les relations entre les êtres humains, qui nous révèle aussi la présence de l&#8217;invisible. Cela tient au jeu des acteurs, à la mise en scène, mais aussi à la densité de l&#8217;écriture&#8230; Les films qui me touchent le plus donnent un sentiment de clarté de regard, et, comme dans la peinture, c&#8217;est cette clarté même qui me donne accès à ce qu&#8217;il y a d&#8217;infini. En tout cas, le réalisme ne m&#8217;intéresse pas sans un rapport à l&#8217;invisible, aussi secret soit-il. Cette question est à mon sens celle de la fiction&#8230;</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Ayant une expérience de comédienne, comment as-tu abordé la direction d&#8217;acteurs ?</span></strong></em><br />
Je n&#8217;avais pas vraiment de méthode prédéfinie. Mais je ne voulais pas répéter les scènes, comme pour une pièce de théâtre. En revanche, nous avons fait beaucoup de lectures, pour trouver la note juste. C&#8217;était avant tout pour que les acteurs aient en tête la même musique que moi. Cela me permettait aussi de remodeler les dialogues au fur et à mesure du travail avec les comédiens, de façon à ce que ce soit toujours évident pour eux. C&#8217;est parfois une toute petite correction qui fait la différence. Le fait d&#8217;être en accord avec le texte, que tout soit limpide, nous a permis d&#8217;être d&#8217;autant plus libres au tournage. Les dialogues étaient rigoureux, mais les acteurs pouvaient souvent improviser, à l&#8217;intérieur de ce cadre. Sinon, j&#8217;essayais dans certaines séquences de laisser du temps aux comédiens. <img style="margin: 5px 0pt 5px 10px;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/63/82/69/18934023.jpg" border="0" alt="" align="right" />A certains endroits précis, le fait de pouvoir se dire qu&#8217;on avait le temps, c&#8217;était essentiel. Par exemple, la scène de séparation à l&#8217;hôpital, a priori difficile, on l&#8217;a tournée en plan séquence pour ne pas morceler l&#8217;émotion, et j&#8217;ai dit à <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=179662.html">Marie-Christine (Friedrich)</a> de prendre tout son temps pendant la prise, pour répondre à  <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=4838.html">Paul (Blain)</a> quand il lui demande &raquo;&nbsp; Est-ce que tu peux me pardonner ?&raquo;&nbsp;. Ca l&#8217;a surprise, et je crois que le fait d&#8217;avoir cette liberté l&#8217;a aidée pour la scène.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Il y a souvent deux pièges dans l&#8217;utilisation de la musique : être redondant par rapport à ce qui est filmé, ou alors le cas du réalisateur qui propose un peu le juke-box de ce qu&#8217;il aime&#8230; Tandis qu&#8217;ici, la musique apporte quelque chose de singulier.</span></strong></em><br />
Je vais beaucoup au cinéma et très souvent je suis gênée par la musique, y compris dans des films que j&#8217;aime. Elle sert souvent à souligner les intentions de la réalisation. Je n&#8217;aimerais pas montrer mes images à un compositeur, qui ferait ensuite des morceaux à partir de celles-ci. Pour moi, la musique ne doit pas être un commentaire. Le choix des chansons écossaises, irlandaises, sert à ouvrir des portes, et non à refermer le film sur lui-même. Par ailleurs, ce sont des chansons que j&#8217;associe au personnage, elles lui donnent une nouvelle couleur.</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Est-ce qu&#8217;il y a des cinéastes français de ta génération dont tu te sens proche ?</span></strong></em><br />
Récemment, j&#8217;ai beaucoup aimé <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=110153.html"><strong>Charly</strong></a> d&#8217;<a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=30288.html">Isild Le Besco</a>. C&#8217;est un film singulier, qui a une vraie poésie et une vraie force, et puis c&#8217;est un film très libre, à tous points de vue, ce qui est rare. J&#8217;ai beaucoup aimé <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=120713.html"><strong>La France</strong></a> aussi, pour des raisons similaires même si le film n&#8217;a rien à voir. Sinon, certains amis, dont je me sens très proche aussi dans leur rapport au cinéma, commencent à faire des films et j&#8217;en attends beaucoup : Elie Wajeman et <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=86638.html">Ludovic Bergery</a>, qui ont écrit leur premier long-métrage, <img style="margin: 5px 10px 5px 0pt;" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/medias/nmedia/18/63/82/69/18934025.jpg" border="0" alt="" align="left" />et vont sûrement le tourner l&#8217;année prochaine, <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=203766.html">Virgil Vernier</a>, qui tourne des documentaires très intéressants sur les gens de sa génération, et qui aimerait aussi écrire un film de fiction, Adrien Lamande, un metteur en scène de théâtre quiréalise aussi des films&#8230; Tous ont des parcours différents mais sont liés. Ca me paraît très prometteur, j&#8217;espère vraiment qu&#8217;on pourra dire qu&#8217;il y a une nouvelle génération de jeunes cinéastes français ! Sinon, contrairement à beaucoup qui ne jurent que par le cinéma américain (qui compte aussi beaucoup pour moi), je n&#8217;ai pas de problème avec le cinéma français, j&#8217;admire énormément de nombreux cinéastes français d&#8217;une autre génération, comme <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=849.html">Rohmer</a>, <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=2620.html">Doillon</a>, <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=1001.html">Téchiné</a> ou <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=2066.html">Garrel</a> Je ne prétends pas du tout être l&#8217;héritière de l&#8217;un ou de l&#8217;autre, simplement je suis très heureuse de vivre dans le même pays qu&#8217;eux et de pouvoir attendre leur nouveau film !</p>
<p><em><strong><span style="color: #d20000;">Pour ton second film, n&#8217;y aura-t-il pas la tentation de voir plus grand, et de prendre moins de risques aussi ?</span></strong></em><br />
Pour mon second long-métrage <em>[<a class="link1" href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=135027.html"><strong>Le Père de mes enfants</strong></a>, dont le tournage est prévu cet été, ndlr]</em>, je veux rester dans la même recherche, le film est un peu plus cher, mais on va rester dans une économie tout à fait modeste ! Non, je ne crois pas que je vais m&#8217;installer dans quelque chose de confortable, d&#8217;ailleurs cela ne m&#8217;attire pas. On avait un peu plus d&#8217;1 million pour faire <a class="link1" href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=110869.html"><strong>Tout est pardonné</strong></a>. Pour le prochain, il en faudrait 2, surtout pour pouvoir le tourner en 35mm, pas en 16mm comme celui-ci, qui est devenu un format vraiment fragile, presque désuet maintenant (ça m&#8217;a coûté 4 mois de restauration !). Le film sera un peu plus long, avec un peu plus de décors, mais il sera fait dans le même esprit que le premier.</p>
<p><em>Propos recueillis le 27 novembre 2007 par Mikael Gaudin Lech et Julien Dokhan<br />
Remerciements à Florence / Stardust Memories</em></h4>
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		<title>bande annonce Festival 09</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Jul 2009 14:38:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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