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LE CLAP vous invite à l’Assemblée Générale 2010

17 Mars 2010 à 17h30

Au Lycée Sophie Germain

9 rue de Jouy Paris 4 métros Saint Paul et Pont Marie


C’est aussi le premier acte du FESTIVAL 2010. Nous espérons vous rencontrer nombreux à cette occasion, autour d’un verre.Nous sommes preneurs d’idées nouvelles et à la recherche en particulier de maquettiste pour le catalogue, de récompenses originales pour les Participants. Enfin, c’est comme tous les ans…

L’ordre du jour est le suivant :

Point 1 -  bilan rapide du festival 09, participation aux autres festivals
Point 2 – bilan  financier, nouveauté 2010 pour le financement. Recherche de subventions ou sponsors
Point 3 – règlement du festival 2010
Point 4 – élections des membres du bureau
Point 5 – calendrier 20010
Point 6 – recherche de jury et surtout de la Présidence du Jury (personnalité du cinéma)
Point 7 – représentation du Clap au Festival de Cannes 2010?
Point 8 – partenariat avec l’association Cahiers et cinéma et plus largement la Mairie de Paris
Point 9 – questions diverses

TAPIS ROUGE POUR L’EDUCATION NATIONALE


Samedi 3 octobre 2009 14h

Dominique Besnehard et Mia Hansen-Love qui président le jury.

Le Festival 2009 a fermé ses portes. Le tapis rouge est enroulé, le public plus nombreux que l’an passé a pu voir, apprécier 13 films tous différents, témoins de l’extraordinaire créativité du cinéma lycéen.

C’est d’un panorama de la production des films produits dans les lycées parisiens qu’il s’agit.


Quand on connait la faiblesse des moyens mis en œuvre, le peu d’heures dont disposent les professeurs, les acrobaties que doivent réaliser les intervenants on ne peut qu’être profondément admiratifs

Patrick Laudet le nouvel Inspecteur Général des options artistiques a souligné très justement la réussite de ces équipes. L’Education Nationale peut être fière de continuer à permettre l’expression de cette créativité.

L’équipe du CLAP, fera tout pour que ce festival continue à offrir une vitrine et un tremplin à tous les films produits dans les lycées de Paris.

LE CLAP D’OR DU PUBLIC a été attribué au film du Lycée Honoré de Balzac. « Estaba escrito»  Un film particulièrement émouvant

LE CLAP D’OR DU JURY est allé à l’unanimité au film du Lycée Turgot
« A chacun son masque» 

Le jury, sous la présidence de Mia Hansen-Love a été séduit par une histoire au prime abord très insolite mais finalement qui nous renvoie à des situations courantes.

Vous trouverez ces deux films sur le site ainsi que le compte rendu et le clip du Festival.

4 autres lycées placés en seconde position par le public ont pu être justement récompensés

Le lycée Diderot
Le lycée Sophie Germain
Le lycée Rodin
Le lycée autogéré

Nous tenons à remercier la Mairie de Paris, l’Esra, le site des cahiers du cinéma, Arte et France Télévisions qui ont offert clés USB et DVD

La suite? l’envoi de tous les films dans un maximum de festivals.
Parions qu’ils n’ont pas fini de surprendre.

2ème Festival du Film Lycéen de Paris

Clap, deuxième ! Le Lycée Raspail a ouvert ses portes, le 3 octobre dernier, à la nouvelle édition d’un tout jeune festival qui se propose de projeter et récompenser les meilleurs travaux des classes parisiennes de l’option cinéma. Cette réjouissante initiative permet à la fois de valoriser les résultats d’activités souvent considérées comme auxiliaires au sein du lycée – on connaît les difficultés des disciplines artistiques – et de les soustraire au simple statut d’exercice.

Nous ne nous attarderons pas sur l’étrangeté qu’il y a à revenir au lycée dix ans plus tard, assez tôt le samedi matin, alors que Paris, prolongeant sa grasse matinée, fonctionne encore au ralenti. La manifestation qui nous accueille intra muros, s’applique à reproduire tous les rituels d’un festival : tapis rouge, distribution de sacoches, amphithéâtre rutilant, présentateur très professionnel, remise de prix. Un impressionnant jury est réuni pour l’occasion : présidé par la jeune cinéaste Mia Hansen-Løve, il compte dans ses rangs, l’ex-directeur de casting et maintenant producteur Dominique Besnehard, Eve Guillou, réalisatrice et directrice de casting, ainsi que trois étudiants de la Fémis. Cette accumulation de signes prestigieux ne semble viser qu’à une chose : affirmer la valeur intrinsèque des films tournés dans le cadre de l’option cinéma, appuyer leur indépendance envers toute forme de tutelle, qu’elle vienne de l’Etat ou des établissements (privés et publics). Le message est clair : nous ne sommes pas invités à évaluer des devoirs collectifs, mais des œuvres à part entière. Le léger (et charmant) goût de simulacre de l’événement n’est que le résultat d’une importante considération : des films négligés partout ailleurs pour leur (apparente) immaturité sont ici indéfectiblement pris au sérieux. Ainsi, leur projection « officielle » évite qu’ils ne fussent tournés pour rien et relégués à jamais dans les poussiéreuses archives d’un CDI. Le CLAP boucle la boucle en soumettant ces films à l’épreuve d’un public à la fois curieux (de cet étrange objet qu’on appelle « film lycéen » et désintéressé (d’une éventuelle notation).

Et les films, alors ? Quelles images d’eux-mêmes, de leur imaginaire ou du monde les lycéens de Paris nous ont-ils offert cette année ? Commençons par les plus attendues. L’un des soucis naturels du lycéen est de faire rire ses camarades. Aucune objection à cela. Seulement, la plupart des films à vocation comique présentés lors de cette édition, n’ont pas su trouver d’autre mode d’expression que celui de la parodie. Or, la parodie n’est bien souvent qu’une façon de se cacher sous des images préexistantes. Paresse de l’imitation sur un registre potache. Qu’il s’agisse de se fondre aux formes d’une émission de télévision (Télélapin, Lycée Bergson), du cinéma muet (C’est la Saint-Valentin, Lycée Diderot) ou du film d’horreur (Derrière toi, Lycée Autogéré), la parodie est toujours asservie à ce dont elle se moque. Dans la mesure où elle revendique le fait de ne pas se prendre au sérieux, elle se juge d’emblée plus faible qu’un film au premier degré. Dommage. Une comédie surprenante a pourtant réussi à sortir de cette logique. Dans La Craie de Clément Laforce (Lycée Rodin), la pénurie de ces petits bâtons blancs en titre, organisée au sein d’un lycée par un professeur de sport frustré, cause une floraison de trafics et d’addictions au poudreux agglomérat. L’astuce du film est d’avoir subverti le signifiant « drogue » par le signifié « craie ». S’en suit un réjouissant comique de l’absurde, assez buñuelien dans l’esprit : l’on assiste, entre autres, à une hilarante scène de deal entre un élève blasé et une prof de français qui, en manque patent de ses précieux consommables, en perd son latin. Le film, plutôt maladroit dans l’ensemble, manie ainsi quelques habiles déplacements.

Pour des films tels que Passage(s) du Lycée Jacques Decour et On aurait dit que… du Lycée Raspail, le cinéma est encore assimilé à un acte de prestidigitation. Tout y est dirigé en vue d’une chute, d’un « truc », d’un tour de passe-passe. Malheureusement, pour boucler ce tour, les deux films empruntent une somme de détours scénaristiques inutilement compliqués. L’emberlificotement des intrigues va parfois jusqu’à brouiller leur seule compréhension. Point positif : leur aimable proposition d’une ballade dans les rues de Paris, d’un petit tour du pâté de maisons. Une école buissonnière bienvenue. Second Life du Lycée des Petits Champs semblait, par l’exploration d’un problème typiquement lycéen – l’échéance du Baccalauréat et ces journées suspendues qui séparent les épreuves des résultats – ouvrir une voie prometteuse. Si le film retranscrit bien cette succession d’heures vides, flottantes, où se mêlent anticipation de l’avenir, sentiment que tout est joué et « blottissement » nostalgique sur trois ans d’études, il cède trop vite au besoin de les remplir. Sa belle « lâcheté » scénaristique se voit donc bombardée de scènes de soirées, de beuveries et autres blagues potaches, où cabotinent à loisir les beaux-gosses de la classe. On s’y donne le spectacle d’une camaraderie acquise, d’une aisance, d’une complicité un poil complaisantes. Le spectateur, pas forcé d’y croire, est libre d’y lire plutôt un malaise.

Deux films méritent d’être salués pour les risques qu’ils ont pris. Rêves d’amours de Mélody Mouchel (Lycée Saint-Sulpice) explore par le texte et les images le champ de la déclaration amoureuse (ici entre deux êtres disparates) avec les armes d’un cinéma poétique, de libre association, aux enchaînements plus affectifs que logiques et dont les saints-patrons sont à chercher du côté de la lignée Godard-Garrel. Très touchant dans son principe intime, chuchoté, sensitif, le film se brûle les ailes aux abords de références écrasantes (Proust, Chostakovich, Pialat) et trébuche sur ses cadrages timides, ses gestes mal assurés. Mais précieux car pétris de tremblements adolescents. Citons son beau pitch, tiré du catalogue : Déclaration d’amour : « l’apparence réelle de ton corps que je n’ose toucher, approcher, ni même parler (sic) et qui me gouverne depuis des jours et des mois, je veux devenir une ombre de toi ». De l’autre côté s’aventure, quant à lui, sur un versant voisin de la modernité cinématographique : celui des courts-circuits de la mémoire, des surgissements du passé dans le présent, de la subjectivité individuelle au cœur des grandes installations urbaines. Disons : quelque part entre Resnais première période et Chris Marker. Le parcours d’un élève dans les couloirs d’un lycée en travaux provoque l’étrange interférence de ses souvenirs personnels avec une sorte de conscience « historique ». Là aussi, le pari n’est qu’à moitié tenu dans la mesure où l’atonie de l’ensemble paralyse l’émotion. Le film s’englue malheureusement dans un entre-deux temps pourtant courageux, sans que le trouble attendu n’intervienne. Une haute ambition, tout à fait louable, prise dans les rets d’une trop tiède grisaille.

On imagine aisément un cinéphile adulte, sorti depuis longtemps du lycée, venant à cette manifestation en philanthrope bonhomme, plein de condescendance attendrie pour ces charmants objets imparfaits qu’il vient découvrir en curieux, mais qu’il estime bien peu capables d’apporter la moindre concurrence aux grands maîtres de son panthéon personnel. Ce spectateur se déplace, docte pervers, pour s’amuser de la maladresse d’exécution des lycéens, ou, sociologue inquiet, pour repérer quelles images publicitaires polluent l’imaginaire de ces jeunes élèves. Il n’a cependant jamais envisagé de se rendre disponible au simple plaisir esthétique, pourtant susceptible d’éclore n’importe où, n’importe quand. Quelle surprise aurait-il rencontrée, ce spectateur, s’il s’était retrouvé devant A chacun son masque du Lycée Turgot. Placée en deuxième place du programme, cette réalisation collective et impure, récompensée par le prix du jury, a tué dans l’œuf, par la grâce de son exécution, toute forme de compétition. Son sujet paraît pourtant banal, au premier abord : l’arrivée dans une classe d’une nouvelle élève que sa réputation de difformité précède. La grande intelligence du film tient à ce qu’il s’empare d’une problématique cardinale au sein du lycée mais partagée par l’ensemble de la société (et de toutes les sociétés). Un problème à la fois typique et universel. Ce faisant, l’habituel écueil de l’interprétation est évité. Les comédiens du film, au lieu de mimer ce qu’ils connaissent mal, restituent leurs propres rôles de lycéens. Ils rejouent, devant les caméras, ce qu’ils jouent déjà toute l’année dans la cour de récréation. Résultat : ils sont grandioses, tous impressionnants. Ensuite, le film ne se fatigue jamais à raconter son scénario. La mince intrigue se développe et se résout dans le maillage d’une argumentation-fleuve. Les élèves ne cessent de discuter, de débattre, de se convaincre et d’objecter. Le bâtiment du lycée (et ses alentours) devient un espace citoyen où se discutent les fonctionnements d’une petite communauté, chamboulée par la nouvelle arrivante. Un espace d’effervescence politique où la langue est reine.

Autre trouvaille pertinente du film : la nouvelle arrivante est masquée d’un informe tissu noir qui ne laisse deviner aucun trait de son visage. À la place de ce dernier, un gouffre, un trou noir, où peuvent se loger toutes les déclinaisons possibles d’une peur de l’inconnu (le port du voile à l’école, les barrières culturelles, les différences physiques, etc.). Rien ne nous sera révélé de ce qu’il dissimule. À force d’opacité, il devient surface réfléchissante et présente aux élèves une image d’eux-mêmes peu flatteuse : cette apparente bienveillance dont aiment à se parer les intégrateurs-nés, faite de tolérance mielleuse et d’ostensibles bonnes intentions. Le film a le mérite de dire à quel point ces bonnes intentions peuvent blesser. Il n’est d’ailleurs jamais exclu que l’écran de tissu noir, serré tout autour d’une tête étonnement lisse, ne cache en définitive aucun mal et n’agisse qu’en tant que catalyseur. La nouvelle élève reçoit les prévenances de ses camarades de bien mauvaises grâce : le vinaigre monte jusqu’à une abjecte et arbitraire exclusion. Morale : la débauche de bons sentiments humilie et finit par produire l’effet inverse à celui escompté. Qu’un court film lycéen rassemble un tel panel thématique et une telle finesse d’analyse, voilà qui nous apparaît comme un petit miracle. Du coup, À chacun son masque, nourri aux hautes gloires d’un naturalisme français courant de Maurice Pialat à Abdelatif Kechiche, a presque éclipsé les autres très bons films de la compétition. Deux d’entre eux, Estaba escrito (C’était écrit) du Lycée Honoré de Balzac et Valse hongroise de l’École alsacienne, ont fait le pari salutaire d’une déterritorialisation. Quitte à sortir de l’enceinte du lycée, ils sont carrément partis à l’étranger. Tous deux en quêtes de racines, via leur personnage principal, leurs chemins bifurquent suite à la rencontre d’un autochtone qui leur ouvre les yeux sur un Pays. Douce France de Laura Cassarino, Kafong Chui et Elisa Geay du Lycée Sophie Germain, a lui aussi « fait le mur » : il s’intéresse (sur le mode documentaire) à une famille d’origine africaine, fraîchement naturalisée française. S’il souffre parfois d’un excès de méthode Coué – la redondance des passages où l’on loue le sol français semble par moment un exercice de conviction – Douce France l’emporte par son attention dévouée et attendrie envers les êtres filmés ; il en fait de véritables personnages de cinéma. Ce n’est pas rien.

Ainsi, qu’ils parlent d’eux-mêmes avec une objectivité acérée ou qu’ils procèdent d’une curiosité au monde les poussant au-delà des salles de classe, les films qui auront le plus convaincu cette année sont certainement ceux qui ont intégré le plus de risque, de doute, de surprise à leur fabrication collective. S’interrogeant à la fois sur leurs propres outils et sur ce dont ils pouvaient témoigner, leurs réalisateurs n’ont pas eu à prouver la haute estime de l’art où ils faisaient, ici, leurs premiers pas.

Mathieu Macheret

Bande annonce édition 2009

(réalisation Claude Barreau et Gérard Lefèvre)



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